des fourmis dans les jambes, des termites dans la tête

des fourmis dans les jambes, des termites dans la tête
____________________



Se lever de son lit, se rincer le visage, prendre un café, et partir à la fraîche.
Pour rien, si ce n'est pour partir, le simple fait de partir et de s'aérer l'esprit. Prendre un livre, un lecteur de musique, ça suffit. Puis prendre la route, et aller se poser au bord de mer, dans une crique tranquille. Voir un lever de soleil au dessus des terres, respirer l'air de la mer, tout en lisant quelques bouts de poésie. Quand la vue fatigue, mettre l'ouïe à contribution avec sa musique. Quand la vue et l'ouïe ont lassé, juste vivre d'air. La recette d'une vie simple.


Est-ce tant compliqué de vivre pour soi? le bonheur ne se situe pas seulement au travers de la publicisation de soi. C'est à croire que la société actuelle en est encore à l'âge enfant; cette peur qu'ont les jeunes de ne pas être seul me rappelle l'angoisse des enfants d'être éloigné de leurs parents. "Les gens seuls sont louches" qu'ils diraient. Par "ils", j'entends parler des garants de la bonne façon de penser. Le nègre populaire, celui qui permet à tout le monde de penser dans la même direction.
Existe-t-il un manuel de la "bonne façon de pensée"? certains esprits cyniques pourraient citer la Bible, mais c'est faux! même ce livre de chevet pour vieux et pour pédophiles contient et approuve des déviances (prise de conscience: si cela n'existe pas encore, Sarkozy l'inventera d'ici peu, la question est donc réglée).


L'an prochain, je devrais partir. L'Italie, et peut-être ailleurs. Ceux qui m'entourent voient en ce départ une "opportunité pour étudiant", mais c'est pour moi bien plus que ça. Partir, pour me lancer dans le vide, pour continuer d'apprendre à vivre.
Malgré l'amour que j'ai pour mes proches, je ressens avoir le besoin de les abandonner. Je ne peux rien leur apporter, pour le moment en tout cas. Pour protéger une personne quelconque, il faut être quelqu'un, et ne pas se contenter d'être une chose animée. Il me faut du vécu pour être quelqu'un. Pour le moment, je ne suis qu'un pantin inutile et impotent.
Je suis étudiant, mais lorsque j'aurai fini, que faire? Rester dans un cursus de vie pré-établie? Cela ne serait qu'un refus de savoir. Refus de souffrir. La vie est une souffrance, et on ne devient fort qu'après avoir enduré tristesse, déception, colère, apaisement. L'Afrique ou les pays slaves, là où on côtoie "ceux qui savent", voilà de possibles destinations.



En un article, j'aurais réussi à :
-parler de trois sujets différents sans lien entre eux ;
-dézinguer "l'ancien moi" en tapant sur la droite et sur les cathos ;
-réécrire sans difficulté et avec plaisir.

Le résultat n'est pas fameux, mais ça donne à potasser.



____________________

# Posté le samedi 16 février 2008 19:52

l'Art de la Guerre

l'Art de la Guerre
____________________



A la vérité, il y a dans l'art belliqueux qu'est l'amour deux sortes de personnes ; ceux qui étudient le combat, et ceux qui le mènent.

Je suis pour ma part un bureaucrate de l'amour, tout juste capable de dresser des PV, lorsque le pays est calme, mais qui tremble à l'idée de dégainer quelconque arme de son fourreau en cas d'intempérie. J'ai sans doute du lâchement enfermer le mien dans un tiroir, les calculs sont neutres et épargnent leur auteur, eux. Il est neuf ce fourreau, il contient une arme de fantassin appeuré. Son âme n'a jamais occis quiconque, elle est encore pure cette âme. Trop peu entraînée à brâver le danger. Il arrive d'ailleurs parfois que ce fantassin se réveille, de honte, de dépit, mais il est bien trop maladroit, et trop ignorant du mener de bataille pour porter coup fatal. Alors le fantassin improvisé redevient le cartographe froid et raisonné. Tout le monde l'apprécie pour ça. Chacun sa spécialité.

Car le combat est fait pour être mené par d'autres. Ceux-la qui s'appuient sur les études des cartographes, et qui savent y rajouter leur force, leur instinct, pour vaincre. C'est la force de la nature. La puissance vainc la faiblesse. Aux faibles d'être fort.




Je pense que la prose me va mieux. Désormais, je raconterai avec quel brio je peux arracher fougueusement contre quelques témoins de métal frappé un peu de pain à un boulanger. Expliquer l'esprit devient de plus en plus difficile.
Mon esprit est confus, sans cigarette à disposition pour calmer ma psyché, j'en viens à agir a contrario, en l'excitant à doses déraisonnables de caféine. Plus que quatre heures trente avant l'ouverture du tabac du coin.



____________________


Cadeau :
A sept heures quarante de la matinée, qui se soucie de marcher droit? Lui en tout cas marchait sans se soucier de son pas. Seul l'importait de se couvrir, du vent qui s'engouffrait sous son manteau, ce vent aixois si sournois, ne soufflant qu'aux aurores à travers les ruelles du pays, lorsque le sol est froid et que les arbres dorment encore.
Il en venait à haïr les trottoirs de finir, de l'extraire de la monotonie de sa marche, geste simple et faisable malgré ses yeux semi-ouverts. Un supplice de réfléchir, à comment garder l'équilibre lorsque le trottoir finit. Ne pas tomber de flanc sur la route. Rester éveillé. Poursuivre son chemin. Il regrettait déjà d'être parti sans prendre de café, ce cours lui serait inutile, il ne serait même pas concentré sur le condensé d'inepties prophétisé par l'adulte lui faisant office de professeur. Il pensait à la journée qui allait se dérouler, sans entrain. Qu'aurait-elle de plus que les autres? Il ne croyait pas aux tournants brutaux, ce n'est donc pas ce jour plus qu'un autre qui aurait influencé sa vie.
Le soir venu, il rentrera chez lui. Il pense déjà qu'il pourra s'y reposer.
Ce jour-là comme tous les autres, sa vie n'a pas bougé d'un iota, et il n'a pas du changer ses plans de facilité. Cet homme-là ne pleure pas, il fume et caresse la tête de son chien.

# Posté le mercredi 05 décembre 2007 20:40

Froid.

____________________


Tant de temps sans concrétiser "écrire", penser "écrire" n'est pas suffisant.

"Un homme doit toujours refuser de courber l'échine face à la fatalité. Nous ne nous résignons pas, et avançons quoi qu'il se passe. La partie est perdue d'avance? Tant pis, ça reste une partie jouable jusqu'au coup de sifflet final... tant que la Mort n'en décide pas autrement, nous continuons notre chemin. Se dresser, en portant la chevelure d'une victoire fantaisiste. Vaincre la mort, d'avoir su perdre dignement la vie. "
Un extrait de ce qui aurait du être cet article. Dans mes cartons depuis plus de six mois, il aurait du parler de mon fils, celui que j'aime, que je veux avoir, que je n'aurais jamais. La relecture m'en a dégouté.

Je trouve mon écriture incohérente. J'écris impulsivement. Les seuls écrits miens que je peux lire sans grimacer sont ceux que j'ai subi. Lorsqu'un évènement précis m'a frappé, que je savais d'où je partais, où j'allais. Ceux que je n'aurais pas pu écrire sans alcool à mes côtés. Ceux qui m'ont fait pleurer. Le reste n'est que déblatération vaseuse. Parfois j'ai l'impression que ce blog n'est qu'impudence et exercice de style. Je ne le regrette pas. Il mourra de son essence.

Je vais chaque année poser un cierge pour un jeune de mon ancien lycée, mort en moto, que je ne connaissais pourtant pas. Car en mourrant, il a tué toute sa jeunesse. Ma faible jeunesse comprise. De sa mort, je fais mon propre deuil. Lundi dernier, une nouvelle étoile vient de le rejoindre.


____________________

# Posté le dimanche 25 novembre 2007 19:07

con le peggiori intenzioni

con le peggiori intenzioni
____________________


__________

avez vous déjà essayé de conduire une voiture avec vos moignons ?

question existentielle de mec bourré

pas le droit de s'asseoir sur les chaises!

exclamation émerveillée de mec bourré

je dois te dire un secret, mais chut! en fait, c'est moi Spiderman!

révélation inattendue d'un mec bourré

__________


à première vue, cela ne veut rien dire. C'est faux!
cela veut dire :
1) que j'aie l'alcool gai
2) que je suis étudiant
3) que si je ne méfie pas, je risque de devenir comme mon cher et tendre paternel


Est-ce une triste habitude, la solitude? un coup à prendre duquel, une fois bisuté, on se moque, auquel on ne fait même plus attention tant il est, passé un certain moment, étroitement lié à sa vie?
C'est une constatation à laquelle j'ai abouti en observant ma propre vie. Je suis solitaire, et c'est une partie intégrée et intégrante de mon caractère. J'en viens même inconsciemment à rejeter toute nouvelle forme de relationnel quand cette forme pourrait devenir trop encombrante, connaissant mon égocentrisme. Mon coeur est trop facilement implosable, alors j'en restreins l'accès, et j'en profite pour vivre pour moi, vivre pour les autres est une tâche trop usante. Se sentir obligé de sourrire à l'écoute d'une blague beauf, voilà une tâche trop fatigante pour moi désormais.




J'ai nommé cet article du titre du premier roman italien que j'aie lu.
**séquence émotion**




La base de cet article flingue sans doute le prochain article. De toute façon, c'est criminel d'avoir des gosses dans une société aussi pourrie. Être à la fois fasciste & anarchiste, c'est si contradictoire que ça? Je suis sur qu'avec un peu de Malthusianisme dans le mélange, ça ne l'est pas tant que ça. Mao 4 Eva.


____________________

# Posté le lundi 05 novembre 2007 01:52

bercé trop près du mixeur

bercé trop près du mixeur
____________________



J'ai beaucoup de mal à parler de sujets joyeux, je m'en rend bien compte.

Sans doute car je me contente du bonheur quand il vient, je pense plus à le consommer et à le consummer jusqu'à ce que sa braise soit froide plutôt que de le commenter. Pourtant, la plupart des gens arrive à s'extasier ainsi sans la moindre hypocrisie sentimentale. Mais un : "Oh qu'est-ce qu'il fait beau!" concrètement, à quoi ça sert? J'ai pour ma part banni de manière assez agressive la fonction emphatique du langage.
Pourtant, l'éthymologie-même du mot "bonheur" induit la notion de hasard, de destinée incontrôlable, alors pourquoi devrais-je m'en réjouir ? Je suis un perfectionniste, depuis tout petit. Quand je créais des maisons en Lego, je cherchais l'emplacement des toilettes, c'est pour dire. Suis-je complètement déréglé au point de vouloir une vie la plus parfaite possible, et donc de ne pas m'émerveiller des trains qui arrivent à l'heure ? C'est leur boulot d'arriver à l'heure, point. Cela ne m'empêche pas de remercier de temps à autres le conducteur du train, les encouragements font plaisir. Mais de là à le féliciter...


On me demande d'écrire, alors j'écris, même sans inspiration.



____________________

# Posté le lundi 03 septembre 2007 19:29