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Se lever de son lit, se rincer le visage, prendre un café, et partir à la fraîche.
Pour rien, si ce n'est pour partir, le simple fait de partir et de s'aérer l'esprit. Prendre un livre, un lecteur de musique, ça suffit. Puis prendre la route, et aller se poser au bord de mer, dans une crique tranquille. Voir un lever de soleil au dessus des terres, respirer l'air de la mer, tout en lisant quelques bouts de poésie. Quand la vue fatigue, mettre l'ouïe à contribution avec sa musique. Quand la vue et l'ouïe ont lassé, juste vivre d'air. La recette d'une vie simple.
Est-ce tant compliqué de vivre pour soi? le bonheur ne se situe pas seulement au travers de la publicisation de soi. C'est à croire que la société actuelle en est encore à l'âge enfant; cette peur qu'ont les jeunes de ne pas être seul me rappelle l'angoisse des enfants d'être éloigné de leurs parents. "Les gens seuls sont louches" qu'ils diraient. Par "ils", j'entends parler des garants de la bonne façon de penser. Le nègre populaire, celui qui permet à tout le monde de penser dans la même direction.
Existe-t-il un manuel de la "bonne façon de pensée"? certains esprits cyniques pourraient citer la Bible, mais c'est faux! même ce livre de chevet pour vieux et pour pédophiles contient et approuve des déviances (prise de conscience: si cela n'existe pas encore, Sarkozy l'inventera d'ici peu, la question est donc réglée).
L'an prochain, je devrais partir. L'Italie, et peut-être ailleurs. Ceux qui m'entourent voient en ce départ une "opportunité pour étudiant", mais c'est pour moi bien plus que ça. Partir, pour me lancer dans le vide, pour continuer d'apprendre à vivre.
Malgré l'amour que j'ai pour mes proches, je ressens avoir le besoin de les abandonner. Je ne peux rien leur apporter, pour le moment en tout cas. Pour protéger une personne quelconque, il faut être quelqu'un, et ne pas se contenter d'être une chose animée. Il me faut du vécu pour être quelqu'un. Pour le moment, je ne suis qu'un pantin inutile et impotent.
Je suis étudiant, mais lorsque j'aurai fini, que faire? Rester dans un cursus de vie pré-établie? Cela ne serait qu'un refus de savoir. Refus de souffrir. La vie est une souffrance, et on ne devient fort qu'après avoir enduré tristesse, déception, colère, apaisement. L'Afrique ou les pays slaves, là où on côtoie "ceux qui savent", voilà de possibles destinations.
En un article, j'aurais réussi à :
-parler de trois sujets différents sans lien entre eux ;
-dézinguer "l'ancien moi" en tapant sur la droite et sur les cathos ;
-réécrire sans difficulté et avec plaisir.
Le résultat n'est pas fameux, mais ça donne à potasser.
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